Plancher commercial nettoyé à la machine dans un immeuble ancien

Décapage de planchers et amiante dans les immeubles de Montréal

· Abe Turan

Si votre immeuble à Montréal, à Laval ou à Longueuil date d'avant les années 1990, vérifiez si les tuiles de plancher, leur adhésif et l'isolant en hauteur contiennent de l'amiante avant qu'une équipe de nettoyage décape les planchers ou dépoussière la structure. Au Québec, les employeurs doivent localiser certains matériaux contenant de l'amiante et tenir un registre, et cette information doit se rendre à quiconque planifie ou exécute un travail pouvant émettre de la poussière. Le lavage humide d'un plancher en bon état n'a rien à voir avec un travail mécanique agressif, et le contrat doit traiter ces deux situations différemment.

Pourquoi la question touche un contrat de nettoyage

On associe surtout l'amiante à la démolition et à la rénovation. Les équipes de nettoyage peuvent pourtant y être exposées, parce que quelques tâches courantes agissent directement sur les vieux matériaux :

  • Décapage et polissage des planchers. Dans les immeubles anciens, la tuile de vinyle et l'adhésif noir en dessous contenaient souvent de l'amiante. Une tuile en bon état retient bien ses fibres, mais les tampons abrasifs, les machines à haute vitesse et le décapage excessif en usent la surface.
  • Dépoussiérage en hauteur. Depuis une plateforme, les équipes nettoient poutres, conduits et tuyauterie. On trouve justement à ces endroits les flocages et les calorifuges.
  • Salles mécaniques et corridors de service. Un calorifuge abîmé peut laisser tomber des débris. Le balai ou l'aspirateur ordinaire les disperse au lieu de les contenir.

Les fibres d'amiante causent le cancer du poumon, le mésothéliome et l'amiantose. Le risque augmente avec l'exposition et la maladie peut prendre des décennies à se manifester : l'équipe comme les occupants ont donc intérêt à ce que la vérification soit faite.

Ce que les règles québécoises exigent

Les règles se trouvent surtout à la section IX.1 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST), en vigueur depuis le 6 juin 2013. Pour un gestionnaire d'immeuble, quatre points comptent le plus :

  1. Localisation des matériaux. Les flocages doivent être localisés dans les bâtiments construits avant le 15 février 1990, et les calorifuges dans ceux construits avant le 20 mai 1999. Ils sont présumés contenir de l'amiante, sauf si une analyse démontre le contraire.
  2. Vérification de l'état. L'état des matériaux est inspecté au départ, puis au moins tous les deux ans.
  3. Un registre. L'employeur tient à jour un registre de gestion sécuritaire de l'amiante. La CNESST en publie un modèle.
  4. Transmission de l'information. Avant un travail susceptible d'émettre de la poussière d'amiante, les inscriptions pertinentes du registre sont communiquées à la personne qui le planifie ou l'exécute.

Quand le travail relève de la construction, de la rénovation ou de l'enlèvement, le Code de sécurité pour les travaux de construction ajoute ses propres exigences, avec des niveaux de risque qui déterminent la protection et le confinement. La CNESST peut arrêter un travail qui contrevient à ces règles, et des poursuites pénales peuvent suivre.

Cet article est un survol en langage clair, pas un avis juridique. Pour un immeuble précis, validez vos obligations auprès de la CNESST ou d'un consultant qualifié en amiante.

La lacune de bien des registres

L'obligation de localisation vise les flocages et les calorifuges. La tuile et l'adhésif n'y figurent pas, si bien qu'un registre peut être entièrement à jour tout en ne disant rien d'utile sur le plancher que votre équipe s'apprête à décaper.

Le silence du registre n'est pas un résultat négatif. Demandez directement si le revêtement de sol a été échantillonné. Si ce n'est pas le cas, et si l'immeuble ou cette couche de plancher remonte à l'époque où ces produits étaient courants (on en posait encore au Canada dans les années 1980), considérez le matériau comme suspect jusqu'à ce qu'un laboratoire tranche. L'âge de l'immeuble peut d'ailleurs induire en erreur : une tuile récente recouvre souvent une couche plus ancienne, et une rénovation a pu remplacer un étage sans toucher au suivant.

Personne ne peut reconnaître l'amiante à l'œil nu. Une firme qualifiée prélève des échantillons de la tuile et de l'adhésif, puis un laboratoire accrédité les analyse.

Vérifications à faire avant les travaux

Passez cette liste en revue avant d'approuver des travaux de plancher ou un dépoussiérage en hauteur :

  • Sortez le registre. Transmettez par écrit à l'entreprise les inscriptions des zones visées, avant de finaliser la portée.
  • Datez chaque plancher. Notez le type de tuile, l'adhésif et la présence de couches plus anciennes, étage par étage.
  • Faites analyser ce qui est inconnu. Échantillonnez tout revêtement suspect avant le passage de la première machine.- Inspectez en hauteur. Cherchez les flocages abîmés et les calorifuges déchirés au-dessus de la zone de travail, et signalez-les avant de monter les plateformes.
  • Inscrivez-le dans la portée. Précisez qui a confirmé l'état des matériaux, ce que l'équipe fera ou non, et la marche à suivre si des débris suspects apparaissent.
  • Prévoyez une règle d'arrêt. Si l'équipe trouve une tuile brisée, un flocage qui se détache ou des débris inconnus, elle arrête, tient les gens à l'écart et appelle votre personne-ressource. Personne ne balaie.

Quand la présence d'amiante est confirmée dans la tuile

Une tuile contenant de l'amiante et en bon état n'a pas forcément besoin d'être retirée. On peut souvent la gérer sur place, mais le programme d'entretien change, et une personne qualifiée en amiante doit revoir la méthode avant le début des travaux.

Des organismes américains donnent une bonne indication. Une étude de l'EPA a mesuré plus de fibres dans l'air lors du polissage par vaporisation avec une machine à haute vitesse qu'avec une machine à basse vitesse. Ces organismes conseillent aussi de décaper le moins souvent possible, de garder le plancher mouillé pendant toute l'opération et d'éviter le décapage excessif. Ces sources ne remplacent pas les exigences québécoises, mais elles expliquent pourquoi un programme fondé sur le polissage fréquent convient mal à ces planchers.

Attendez-vous à un entretien courant plus doux, à moins de cycles de remise en état et à plus de tapis d'entrée pendant la saison du sel, pour que moins d'abrasifs atteignent la tuile. Si le plancher est endommagé ou doit être remplacé, l'enlèvement est un travail de désamiantage confié à une firme spécialisée en vertu du Code de sécurité. Il reste complètement à l'extérieur du contrat de nettoyage.

Les questions à poser à une entreprise de nettoyage

Un court échange en dit long sur la façon dont une entreprise aborde les immeubles anciens :

  • Demandez-vous le registre d'amiante avant de chiffrer un décapage ou un dépoussiérage en hauteur dans un immeuble ancien?
  • Quels tampons, quelles vitesses de machine et quelles méthodes utiliseriez-vous sur ce plancher, et qui les a approuvés?
  • Que fait votre équipe si elle trouve des débris suspects?
  • Que dit votre police de responsabilité au sujet de l'amiante? Lisez les exclusions, même avec une solide assurance responsabilité civile.

Des réponses floues à la première et à la troisième question sont un mauvais signe, peu importe le prix. Pour la planification du travail, consultez notre guide sur le décapage et le cirage avant l'hiver et la page de nos services de nettoyage spécialisé.

Questions fréquentes

Une entreprise de nettoyage doit-elle avoir une certification pour l'amiante au Québec?

Le nettoyage courant qui ne perturbe pas les matériaux contenant de l'amiante n'est pas traité comme un travail d'enlèvement. Dès qu'une tâche peut émettre de la poussière d'amiante, par contre, les règles sur l'information, la formation, la protection et les méthodes s'appliquent, et l'enlèvement revient à une firme spécialisée. Demandez à la CNESST ou à un consultant comment votre travail est classé.

Peut-on cirer ou laver une vieille tuile de vinyle sans danger?

Le lavage humide d'une tuile en bon état cause peu d'abrasion et soulève donc généralement peu d'inquiétude. Il faut plutôt examiner le décapage agressif, le ponçage à sec et le polissage à haute vitesse, qui usent la surface. Si la tuile n'a pas été analysée, faites-la échantillonner avant d'approuver un programme de remise en état.

Qui paie les analyses d'amiante avant un décapage de plancher?

Le contrat en décide, et le plus souvent le propriétaire ou le gestionnaire s'en charge parce que les résultats restent avec l'immeuble. Réglez la question avant le début des travaux, car une analyse imprévue peut retarder le chantier.

Que doit faire le personnel si une équipe perturbe un matériau suspect?

Arrêtez le travail, tenez les gens à l'écart et ne balayez ni n'aspirez les débris. Prévenez le gestionnaire de l'immeuble, qui pourra faire appel à une firme qualifiée pour prélever des échantillons et évaluer la situation.

Planifier des travaux de plancher dans un immeuble ancien

Indiquez-nous l'âge de votre immeuble, le type de plancher et si vous tenez un registre d'amiante, et nous bâtirons la portée en conséquence. Voyez comment nous travaillons sur notre page de nettoyage commercial, ou demandez une soumission.

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